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Numéro 5 - Octobre 2006

Libération organise un chat avec Benoît Parnaudeau sur www.liberation.fr, jeudi 26 octobre à 12h30. Connectez-vous à partir de 11h30 pour poser vos questions à Benoît.

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Benoît Parnaudeau © afp/Eric FeferbergPar Benoît PARNAUDEAU
Source : LIBERATION.FR
Photos : © afp/Eric Feferberg

Je m’appelle Benoît Parnaudeau, j’ai 34 ans et je suis marin. Non, pas pêchou. Ni de la marine marchande. Je suis de la marine à voile, à l’ancienne… mais sur des bateaux extrêmement modernes. Coureur au large, je construis, je prépare et je navigue sur des prototypes magnifiques, des voiliers capables de surfer à plus de vingt nœuds sur tous les océans du monde.

J’ai commencé tout petit. J’avais cinq ans lorsque je me suis retrouvé par hasard sur un voilier. Depuis, j’ai toujours essayé de retourner en mer. J’ai traversé l’Atlantique en compagnie, puis en solitaire. La révélation m’est venue lors d’un convoyage en 1998 : on ramenait « PRB », celui d’Isabelle Autissier, de San Francisco à New York via Panama. Là, j’ai découvert le type de bateaux que j’aimais : des voiliers rapides, fun, qui te donnent de bonnes sensations.

La mer est maître du jeu
En rentrant en France, j’ai construit mon premier bateau de course : « Bon Pied Bon Œil », un Mini-Transat de 6,50 m. Et quatre ans après, j’ai couru le Vendée Globe : tu pars seul, sur un voilier de dix-huit mètres, pour un tour du monde sans escale. Tu te retrouves dans des lieux magnifiques et extrêmes où la mer est le maître du jeu : c’est elle qui décide de te laisser passer – ou pas. Tout le monde dit que cette course est l’Everest des mers, une folie, la plus belle des courses au large. C’est vrai.

Maintenant le parcours logique, pour un gars comme moi, aurait été de faire construire un bateau neuf pour le prochain Vendée. Là, je m’apprête à courir la Route du Rhum 2006 sur un voilier plus petit. J’ai préféré faire ma décroissance. A chacun la sienne : ça me paraît une bonne solution, sinon il nous faudra bientôt cinq planètes pour contenter tout le monde !

Depuis que je navigue en course, j’ai essayé de partager mes histoires et surtout de les dévier vers un terrain idéologique. Au début, j’ai milité pour la protection de l’environnement, j’ai participé à la création d’une association… mais il manquait quelque chose : je pensais qu’on ne pouvait pas s’occuper de la nature et laisser l’homme de côté. Du moins, je ne comprends pas ceux qui agissent comme ça. En 2002, je suis tombé sur une brochure de la PFCE et j’ai découvert les principes du commerce équitable.

Une pizzeria de Concarneau
Dans l’altermondialisme, je reconnais le contraire de la pensée unique. Chacun se mobilise pour faire bouger les choses : à sa manière, au quotidien et surtout, sans forcément chercher à prendre le pouvoir. J’ai commencé à faire la promotion de ces idées pendant le Défi Atlantique 2003, avec l’association Ekitrade. Pour le Vendée Globe 2004, j’ai offert mon voilier à l’association Max Havelaar et toute l’équipe a vécu l’aventure « Vendez pas l’globe »… Et maintenant cette chronique pour le site de Libé : l’idée est venue d’un échange avec Jean-Louis Le Touzet, le monsieur Voile du journal. J’ai fait sa connaissance un soir, dans une pizzeria de Concarneau : c’était le départ de la Mini-Transat 1999, on dînait avec les copains et il venu vers nous en disant : « Bonsoir, Jean-Louis Ami, est-ce que je peux manger avec vous ? ». Ça m’a bien plu.

Aujourd’hui, je peux poursuivre cette démarche pour la Route du Rhum 2006, sur un nouveau voilier correspondant à une nouvelle catégorie : la Class 40. Récit de sa naissance la semaine prochaine.

Voir toutes les chroniques de Benoît Parnaudeau sur www.liberation.fr/dossiers/rhum

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